Développement de la Pisciculture : Le PROFIP affiche 98% d’exécution.
Le Ministre de l’Élevage, des Pêches et des Industries Animales (MINEPIA), le Dr Taïga, a présidé ce 15 Septembre 2026 à Yaoundé, la deuxième session du Comité de pilotage du Projet de Promotion de la Filière Pisciculture Continentale au Cameroun (PROFIP). Cette rencontre stratégique, qui s’est tenue neuf mois après la session inaugurale de décembre 2025, a permis de dresser un bilan élogieux des réalisations du premier semestre 2026 et de valider les orientations budgétaires et opérationnelles pour l’exercice 2027.
Un partenariat stratégique Cameroun-Japon au service de la pisciculture
Le PROFIP est un projet de coopération technique entre les Gouvernements camerounais et japonais, mis en œuvre par le MINEPIA et l’Agence Japonaise de Coopération Internationale (JICA). Lancé officiellement en juillet 2025, ce projet ambitieux vise à développer une pisciculture durable, moderne et génératrice de revenus dans les régions du Centre, du Littoral, de l’Ouest et du Sud, à travers l’implication du secteur privé.
Financé à hauteur de 1,2 milliard de FCFA par la coopération japonaise, le PROFIP mobilise sept experts japonais qui travaillent en étroite collaboration avec leurs homologues camerounais, garantissant ainsi un transfert de compétences durable et une appropriation locale des techniques innovantes.
Des objectifs clairs pour une filière structurée
Cette deuxième session du Comité de pilotage avait pour missions principales :
· Faire le point sur l’état d’avancement du projet, notamment la finalisation des essais de vérification et les résultats des campagnes de formation et de promotion ;
· Valider le Plan de Travail et Budget Annuel (PTBA) pour 2027, définissant ainsi les prochaines étapes stratégiques pour atteindre l’objectif de production de 25 000 tonnes de poisson d’ici 2029 ;
· Assurer le suivi des recommandations de la première session relatives à la structuration de la filière et au renforcement des capacités.
Des avancées significatives saluées par le Ministre
Dans son discours d’ouverture, le Ministre Taïga a tenu à saluer les progrès remarquables accomplis par l’Unité de Gestion du Projet. « Lors de notre première session en décembre 2025, nous avons posé les fondations stratégiques du PROFIP en définissant des orientations claires pour faire de ce projet un levier essentiel de la souveraineté alimentaire de notre pays. Aujourd’hui, neuf mois plus tard, nous avons la satisfaction de constater que ces orientations ont été suivies avec rigueur et efficacité », a-t-il déclaré.
Le Ministre a particulièrement mis en exergue :
· L’achèvement des essais de vérification dans les treize fermes pilotes des régions cibles, dont les données collectées serviront de base à l’élaboration de guides de bonnes pratiques ;
· L’organisation de formations pratiques destinées aux pisciculteurs et restaurateurs, portant notamment sur les techniques de grossissement et de cuisson du silure, avec un accent résolument mis sur le secteur privé ;
· Le succès retentissant des actions de promotion, illustré par la participation remarquée du PROFIP au Salon Interprofessionnel de l’Aquaculture au Cameroun (SIAC 2026) et à la dixième édition du salon PROMOTE, où plus de 900 dégustations de poisson silure ont permis de sensibiliser des milliers de Camerounais aux qualités gustatives et nutritionnelles de la production locale.
Une dynamique de croissance impressionnante
Le coordonnateur du projet, Divine Ngala Tombuh, a partagé des données encourageantes sur l’impact du PROFIP. « Nous sommes à la deuxième année de l’implémentation du projet. Nous pouvons être satisfaits car nous sommes passés d’environ 12 000 tonnes à près de 20 000 tonnes actuellement. L’objectif à la fin du projet est d’atteindre 50 000 tonnes à l’horizon 2030 », a-t-il indiqué, soulignant ainsi une progression spectaculaire de la production aquacole nationale.
Interrogé sur les défis rencontrés, M. Ngala Tombuh s’est montré optimiste : « Nous avons très peu de défis. L’aquaculture est désormais une priorité absolue du gouvernement. Une nouvelle loi sur la pêche et l’aquaculture facilite la mise en œuvre des projets, le plan PIZA finance les pisciculteurs, et depuis 2021, les importations d’équipements de production sont exonérées de TVA et de droits de douane. Tout cela encourage l’industrialisation du secteur. »
Vers une consolidation des acquis et de nouvelles perspectives
La deuxième session du COPIL a également été marquée par les allocutions officielles de Son Excellence l’Ambassadeur du Japon au Cameroun et du Président du COPIL, ainsi que par la présentation du suivi du projet par la JICA, un rapport détaillé sur les recommandations de la première session, et la présentation des indicateurs actualisés.
Le taux d’exécution du plan de travail, évalué à 98 %, témoigne de la rigueur et de l’efficacité de la mise en œuvre du projet. « Nous sommes sur la bonne voie pour atteindre notre objectif de 50 000 tonnes au cours des cinq prochaines années », a affirmé le coordonnateur.
Un alignement stratégique sur les priorités nationales
Le PROFIP s’inscrit pleinement dans la politique nationale de substitution aux importations (PIISAH) et la Stratégie Nationale de Développement 2020-2030 (SND30). Le projet ambitionne de :
· Augmenter la production piscicole nationale de 10 % par an ;
· Structurer plus de 700 unités piscicoles ;
· Former 320 acteurs directs dans les quatre régions cibles ;
· Réduire drastiquement la dépendance du Cameroun aux importations de poisson.
Comme l’a rappelé le coordonnateur, citant le Chef de l’État lors du comice agropastoral d’Ebolowa en 2011 : « Il faut produire ce que nous mangeons et manger ce que nous produisons. »
Les prochaines étapes stratégiques
Au terme de cette session, les membres du Comité de pilotage ont validé le PTBA 2027 et défini les priorités pour les prochains mois :
· La généralisation des bonnes pratiques issues des essais de vérification ;
· La finalisation de la plateforme numérique de mise en relation des acteurs de la filière ;
· La poursuite des campagnes de promotion de la consommation du poisson d’élevage ;
· Le renforcement continu des capacités des acteurs directs.
La deuxième session du Comité de pilotage du PROFIP marque une étape charnière dans la mise en œuvre de ce projet emblématique de la coopération camerouno-japonaise. Les résultats obtenus en seulement un an et demi d’implémentation – avec une production passée de 12 000 à 20 000 tonnes – témoignent de la pertinence de l’approche adoptée et de l’engagement des parties prenantes.
À travers le PROFIP, le Cameroun affirme sa volonté de bâtir une filière piscicole moderne, durable et compétitive, capable non seulement de réduire sa dépendance aux importations, mais aussi de positionner le poisson d’élevage comme un pilier de la sécurité alimentaire nationale. La détermination affichée par les autorités camerounaises, conjuguée à l’expertise et au soutien financier de la coopération japonaise, ouvre la voie à une véritable révolution aquacole, porteuse d’opportunités économiques et d’emplois pour des milliers de Camerounais.
Pour le Ministre Taïga, le message est clair : « Les défis sont importants, mais notre détermination et le dynamisme de la filière piscicole actuellement observé sur l’ensemble du territoire national sont des atouts majeurs pour les relever. »
