Ce 15 Juillet, Le Cameroun a fait entendre sa voix avec force lors du Forum Africain de l’Eau organisé à N’Djaména dans le cadre de l’initiative « Water Forward » de la Banque mondiale. Représentant personnel du Chef de l’État, le Ministre de l’Eau et de l’Énergie, Gaston Eloundou Essomba, a présenté les engagements du Gouvernement camerounais en faveur de la sécurité de l’eau, face à ses homologues africains, aux partenaires techniques et financiers et aux institutions internationales.
Ouvrant son intervention, le Ministre a tenu à remercier la République du Tchad et la Banque mondiale pour l’organisation de cette rencontre consacrée à une problématique qu’il a qualifiée de prioritaire pour le Cameroun. Il a dressé un état des lieux sans détour : si le pays dispose d’abondantes ressources en eau, leur répartition demeure inégale et de nombreux Camerounais rencontrent encore des difficultés d’accès à l’eau potable.
Le membre du Gouvernement a souligné que ces disparités se manifestent aussi bien entre les villes et les campagnes qu’entre les différentes régions du pays. Cette situation, a-t-il expliqué, affecte directement la qualité de vie des populations, mais aussi les performances de secteurs essentiels comme l’agriculture, l’élevage et l’industrie.
L’eau, vecteur de croissance économique
« Nous voulons faire de l’eau un vecteur de croissance », a déclaré Gaston Eloundou Essomba devant l’assemblée. Selon lui, dans plusieurs régions du Cameroun, les faibles rendements agricoles s’expliquent par l’absence d’infrastructures permettant de stocker et de valoriser une ressource pourtant abondante pendant la saison des pluies. Dans les zones sahéliennes, le manque d’eau entraîne également d’importantes pertes de bétail pendant la saison sèche.

Le Ministre a également rappelé que cette problématique touche le secteur énergétique. L’hydroélectricité représentant près de 80 % du mix énergétique du Cameroun, la baisse des débits observée sur certains barrages réduit significativement leur capacité de production, avec des conséquences directes sur l’approvisionnement des ménages et le développement industriel.
Le Compact Eau, feuille de route du Gouvernement
Pour répondre durablement à ces défis, le Gouvernement camerounais a élaboré un Compact Eau, désormais validé, qui constitue la feuille de route nationale en matière de sécurité de l’eau. Ce document rassemble les engagements du Cameroun et un plan d’action structuré autour de plusieurs piliers stratégiques, complétés par un volet spécifique consacré à la gouvernance du secteur.
Le Ministre a reconnu que l’amélioration de la gouvernance constitue un enjeu majeur, notamment au regard des performances actuelles du concessionnaire public chargé de la production et de la distribution de l’eau potable. C’est pourquoi le Compact prévoit des réformes destinées à renforcer l’efficacité des services et à améliorer durablement les performances du secteur.
Un appel à la mobilisation des partenaires
Le coût global de cette stratégie est estimé à près de 4 milliards de dollars américains. À ce jour, environ 30 % des financements sont déjà mobilisés, tandis que des discussions sont en cours pour sécuriser une nouvelle tranche équivalente. Le Cameroun sollicite ainsi l’appui de ses partenaires afin de combler le déficit de financement restant.
Le Ministre a salué l’accompagnement déjà apporté par la Banque mondiale et la Banque africaine de développement, notamment à travers le Projet de Sécurité de l’Eau au Cameroun (SEWASH). Ce programme prévoit la réalisation d’une centaine de mini-adductions d’eau potable dans les régions sahéliennes, tout en soutenant les réformes engagées pour améliorer la gouvernance du secteur.
En conclusion, Gaston Eloundou Essomba a lancé un appel à une mobilisation renforcée de l’ensemble des partenaires techniques et financiers. Pour le Gouvernement camerounais, la réussite du Compact Eau est indispensable pour faire de l’eau un véritable moteur de croissance économique, renforcer la résilience face aux changements climatiques et garantir un accès universel, durable et équitable à l’eau potable sur toute l’étendue du territoire national.
