Alors que la Journée mondiale des ONG rappelle chaque année l’importance cruciale de l’aide publique au développement (APD) pour la paix internationale et la défense des droits humains, des organisations comme Action Contre la Faim (ACF) et le GRET continuent de porter haut les valeurs du développement solidaire. Dans un environnement géopolitique et financier de plus en plus contraint, leur action de terrain illustre à la fois la nécessité et la complexité de l’engagement humanitaire contemporain.
Des organisations complémentaires au service des plus vulnérables
Fondée en 1979, Action Contre la Faim est aujourd’hui l’une des ONG françaises les plus reconnues sur la scène internationale. Spécialisée dans la lutte contre la malnutrition et les crises alimentaires, elle intervient dans plus de 50 pays à travers des programmes d’urgence, mais aussi des projets de développement à long terme portant sur l’eau, l’assainissement, la sécurité alimentaire et la santé. Son approche repose sur une conviction fondamentale : la faim n’est pas une fatalité, mais le résultat de déséquilibres structurels qui peuvent et doivent être corrigés.
De son côté, le GRET — Groupe de Recherche et d’Échanges Technologiques — se distingue par une approche davantage orientée vers le développement durable, l’économie solidaire et le renforcement des capacités locales. Fondé en 1976, cet organisme associatif travaille à l’interface entre recherche appliquée et action de terrain, en plaçant les communautés au cœur des solutions qu’il accompagne. Agriculture familiale, accès à l’eau, politiques publiques locales : le GRET construit des partenariats durables avec les acteurs du Sud pour des transformations sociales et économiques pérennes.
Le financement du développement solidaire, un enjeu politique majeur
L’efficacité de ces organisations dépend en grande partie des mécanismes de financement de la solidarité internationale. Dans ce domaine, plusieurs voix du secteur associatif s’élèvent pour réclamer un renforcement de la taxe sur les transactions financières (TTF), un levier fiscal jugé essentiel pour abonder les fonds dédiés à l’aide au développement. Cette revendication, portée notamment par des coalitions regroupant ACF et d’autres ONG membres de Coordination SUD, reflète une prise de conscience collective : sans ressources stables et prévisibles, les projets de terrain peinent à s’inscrire dans la durée.
L’APD est, en ce sens, bien plus qu’un simple transfert financier. Elle constitue un outil stratégique de prévention des conflits, de stabilisation des sociétés fragiles et de promotion des droits humains. Réduire ces financements, comme certaines tendances budgétaires nationales semblent l’indiquer, reviendrait à fragiliser des millions de personnes déjà vulnérables et à compromettre des années d’efforts collectifs.
Des projets concrets sur le terrain : l’exemple africain
Sur le continent africain, les interventions conjuguant urgence humanitaire et développement structurel sont particulièrement visibles. Au Mali, des projets d’envergure comme PROPEL Adapt, dotés de plusieurs milliards de francs CFA, visent à améliorer les conditions sanitaires de millions d’habitants. Ces initiatives mobilisent des consortiums d’acteurs — ONG internationales, opérateurs de développement, autorités locales — dans une logique de complémentarité que prônent précisément des organisations comme ACF et le GRET.
À Madagascar, les programmes d’appui à la santé maternelle et infantile donnent également des résultats encourageants, illustrant comment une approche intégrée — alliant soins de proximité, formation des personnels locaux et sensibilisation communautaire — peut produire des effets tangibles sur les indicateurs de santé publique. Ces bilans positifs sont le fruit d’un travail patient, ancré dans les réalités locales, qui constitue la marque de fabrique du développement solidaire.
Mobiliser la société civile : la culture comme levier de sensibilisation
Au-delà du terrain, la sensibilisation du grand public reste un axe fondamental pour ces organisations. Des événements comme les concerts caritatifs organisés lors de la Fête de la Musique — à l’image de l’initiative « Faites solidaires ! » portée dans plusieurs villes françaises — témoignent d’une volonté de toucher de nouveaux publics et de faire de la solidarité internationale un sujet de société, vivant et partagé. ACF et ses partenaires l’ont bien compris : changer les mentalités est aussi important que changer les politiques.
Vers un développement solidaire renforcé
Face à l’ampleur des défis — changement climatique, insécurité alimentaire chronique, fragilité des États —, la complémentarité entre des organisations comme Action Contre la Faim et le GRET s’avère plus que jamais précieuse. L’une apporte la réactivité et l’expertise en nutrition et sécurité alimentaire d’urgence ; l’autre, la profondeur analytique et l’ancrage institutionnel nécessaires aux transformations de long terme. Ensemble, elles incarnent une vision du développement solidaire qui refuse l’opposition entre urgence et durabilité, entre aide extérieure et autonomisation locale.
Dans un monde qui tarde à tenir ses promesses climatiques et développementales, leur engagement commun reste une boussole essentielle pour ne laisser personne de côté.
