Dans un contexte mondial marqué par les défis climatiques et les inégalités d’accès aux ressources, Agrisud International poursuit une mission aussi ambitieuse qu’essentielle : accompagner les petits producteurs agricoles des pays du Sud vers une autonomie durable. L’ONG, dont le nouveau rapport d’activité 2025 vient d’être mis en ligne, confirme son rôle de référence dans le domaine de l’agroécologie et de l’entrepreneuriat rural.
Une approche centrée sur l’humain et le territoire
Ce qui distingue Agrisud International des autres organisations de développement, c’est sa volonté de placer l’agriculteur au cœur de chaque projet. Plutôt que d’imposer des modèles standardisés, l’ONG privilégie une démarche d’accompagnement sur mesure, en tenant compte des réalités locales, des cultures et des écosystèmes propres à chaque région d’intervention. Cette philosophie se traduit concrètement sur le terrain, comme en témoignent ses programmes déployés au Maroc, en Tunisie et en Asie du Sud-Est.
Au Maroc, dans la région de Ghassate, l’agriculture est ainsi repositionnée non plus comme une simple activité de subsistance, mais comme un levier véritable d’entrepreneuriat et de transformation territoriale. Les populations locales sont formées, outillées et accompagnées pour créer de la valeur ajoutée, structurer leurs filières et accéder à de nouveaux marchés. Ce changement de paradigme illustre parfaitement l’ADN d’Agrisud : faire de chaque paysan un acteur économique à part entière.
La sécurisation foncière, un enjeu climatique et social majeur
L’un des chevaux de bataille les plus récents d’Agrisud International concerne la question du foncier agricole. Dans une tribune relayée par Les Echos, l’organisation a alerté sur l’urgence de sécuriser l’accès à la terre pour les petits producteurs, condition sine qua non pour permettre un réel réinvestissement dans les pratiques agroécologiques.
L’argumentaire est limpide : comment demander à un agriculteur d’investir dans des cultures pérennes, des techniques de conservation des sols ou des infrastructures d’irrigation durables, s’il n’a aucune garantie quant à la pérennité de son accès à la terre ? Sans sécurité foncière, l’horizon temporel des paysans reste contraint, et les stratégies à long terme — pourtant indispensables face au changement climatique — deviennent impossibles à mettre en œuvre.
Cette prise de position s’inscrit dans un contexte plus large de mobilisation internationale. Agrisud a notamment participé au sommet Désertif’actions à Djerba, une rencontre dédiée à la lutte contre la désertification et à la promotion de pratiques agricoles régénératrices. L’ONG y a contribué aux débats sur les solutions à apporter aux territoires les plus vulnérables, confrontés à la fois à l’avancée des déserts et à la précarité des agricultures familiales.
Du Maroc au Cambodge : une présence internationale cohérente
La force d’Agrisud réside aussi dans sa capacité à essaimer ses méthodes à travers des contextes géographiques et culturels très différents. Au Cambodge, l’organisation est décrite comme une « petite ONG d’une grande cause » : malgré des moyens humains et financiers modestes, elle parvient à générer des impacts significatifs sur les communautés rurales qu’elle accompagne.
Dans ce pays d’Asie du Sud-Est, les interventions d’Agrisud visent à diversifier les sources de revenus des agriculteurs, à renforcer leurs compétences techniques et à les connecter à des réseaux commerciaux plus équitables. La micro-entreprise agricole constitue souvent le point d’entrée de ces programmes, permettant à des familles entières de sortir progressivement d’une économie de survie.
Un rapport d’activité 2025 qui ouvre de nouvelles perspectives
La publication du rapport d’activité 2025 d’Agrisud International marque une étape importante pour l’organisation. Au-delà du bilan chiffré, ce document illustre la diversité des approches déployées et la profondeur des transformations engagées auprès des communautés bénéficiaires. Il témoigne également de la solidité des partenariats noués avec des acteurs institutionnels, des collectivités locales et des réseaux comme Coordination SUD, qui relaie régulièrement les travaux de l’ONG.
Dans un monde où l’agriculture familiale représente encore plus de 70 % de la production alimentaire mondiale, et où les effets du dérèglement climatique menacent en priorité les populations les plus vulnérables, l’action d’Agrisud International apparaît plus nécessaire que jamais. En conjuguant expertise technique, ancrage local et plaidoyer politique, l’organisation dessine une vision cohérente et ambitieuse d’un développement agricole à la fois juste, durable et résilient.
