Le Programme alimentaire mondial (PAM) des Nations Unies au Cameroun vient de recevoir un appui de taille dans sa lutte contre la faim. Le gouvernement japonais a officialisé une contribution de 713 333 USD, soit environ 393,6 millions de FCFA, destinée à financer une aide alimentaire d’urgence. Ce fonds est spécifiquement dédié au soutien de 22 600 personnes parmi les plus fragiles dans les régions de l’Extrême-Nord et de l’Adamaoua.
Cette bouffée d’oxygène arrive à un moment que les acteurs humanitaires qualifient de « décisif ». Selon Gianluca Ferrera, Représentant et Directeur du PAM au Cameroun, l’insécurité alimentaire ne cesse de s’aggraver sous la pression conjuguée des chocs climatiques et de l’épuisement des ressources des familles déplacées par les conflits. Ce financement permettra d’intervenir en amont de la « période de soudure », cette phase critique entre deux récoltes où les stocks sont au plus bas et où les besoins vitaux atteignent leur paroxysme.
La situation nationale demeure préoccupante. On estime que 2,9 millions de personnes feront face à une insécurité alimentaire aiguë entre juin et août, dont près de 250 000 en situation d’urgence absolue. Le pays subit de plein fouet la flambée des prix des denrées de base, accentuée par une insécurité persistante. Plus de 80 % des populations touchées se concentrent dans les zones de l’Extrême-Nord, du Nord, de l’Adamaoua et de l’Est, ainsi que dans les régions du Nord-Ouest et du Sud-Ouest.
Pour S.E. Minami Kentaro, Ambassadrice du Japon au Cameroun, ce geste s’inscrit dans une volonté de promouvoir la « sécurité humaine ». À travers ce partenariat avec le PAM, Tokyo réaffirme son soutien au gouvernement camerounais pour stabiliser les communautés, protéger les femmes et les enfants, et renforcer la résilience des zones meurtries par les déplacements de population.
Toutefois, malgré cet appui nippon, le défi financier reste colossal. Le Cameroun fait face à l’une des crises de déplacement les plus négligées au monde, souffrant d’un sous-financement chronique. En 2026, le manque de ressources a déjà contraint le PAM à réduire de 35 % le nombre de bénéficiaires de son assistance. Gianluca Ferrera rappelle d’ailleurs que le Cameroun occupe une position stratégique en Afrique centrale : assurer la sécurité alimentaire dans le pays est un impératif non seulement humanitaire, mais aussi de stabilité régionale.
L’organisation onusienne lance un appel urgent à la communauté internationale. Un complément de 40,4 millions de dollars est indispensable pour maintenir les opérations durant les six prochains mois. Sans une mobilisation immédiate, l’aide alimentaire risque d’être interrompue au plus fort de la crise, menaçant d’anéantir les progrès réalisés en matière de nutrition et de cohésion sociale dans les communautés locales.
