Placée sous la houlette du ministre de l’Agriculture et du Développement rural, Gabriel Mbaïrobe, la cérémonie de lancement de la 5e cohorte du programme « Un jeune, une plantation de banane plantain orienté vers un marché, un compte en banque » s’est tenue le 3 juin 2026 à Yaoundé. Baptisée « Promotion Paul Biya », cette vague de 500 étudiants issus de cinq instituts privés d’enseignement supérieur (IPES) a reçu des kits d’amorçage et des équipements de réduction de la pénibilité, avant son départ pour l’incubateur de la filière banane plantain à Kribi.
Le 3 juin 2026, au sein de l’amphithéâtre de l’ENAM à Yaoundé, le ministre de l’Agriculture et du Développement rural, Gabriel Mbaïrobe, a présidé la cérémonie de remise de kits d’amorçage et de machines de réduction de la pénibilité à 500 étudiants, suivie de leur départ pour l’incubateur de la filière banane plantain à Kribi. Cette cérémarie a également enregistré la présence du patriarche Lucien Wantou Siantou, du ministre de la Jeunesse et de l’Éducation civique, Mounouna Foutsou, du ministre de l’Élevage, des Pêches et des Industries animales, le Dr Taïga, ainsi que des responsables des établissements concernés et du président national de la filière banane plantain, Samuel Tony Obam Bikoue.

Cette 5e cohorte, dénommée « Promotion Paul Biya » – succédant à la « Promotion Chantal Biya » issue de la Green Spring Digital University en février dernier – rassemble 500 jeunes répartis comme suit : 150 étudiants de l’Université privée Siantou (UPS), 150 de l’Institut Universitaire des Sciences et Techniques de Yaoundé (IUSTY), 100 de l’Institut Universitaire Djankou (INUD), 50 de l’Institut Universitaire Sous-Régional Bilingue Agenla Academy, et 50 de l’Institut Supérieur Fang de Messamena à Bertoua.
Au-delà de la simple remise de matériel, l’enjeu est clair : apprendre aux jeunes à gagner de l’argent tout en poursuivant leur cursus académique. Samuel Tony Obam Bikoué, président national de la filière banane-plantain du Cameroun et cité en exemple par le chef de l’État, porte un modèle novateur d’entrepreneuriat étudiant. Dans ce programme, l’étudiant n’est pas actionnaire unique : il devient co-actionnaire avec son IPES et la filière. Ce dispositif renverse le paradigme traditionnel : plus besoin d’attendre la fin des études et la recherche d’un emploi pour générer des revenus. L’étudiant produit et vend de la banane-plantain tout en suivant ses cours.

Le programme répond également à un objectif de souveraineté alimentaire, en promouvant la substitution aux importations par une production locale industrielle et structurée. Il vise aussi la viabilité financière des IPES : ces instituts privés d’enseignement supérieur peuvent désormais résorber leurs tensions de trésorerie en rentabilisant leur foncier grâce à l’agrobusiness moderne. Le modèle transforme ainsi l’étudiant en acteur économique dès l’université, tout en renforçant la production nationale et l’autonomie des établissements.
Sur le plan économique, le programme affiche des objectifs massifs sur cinq ans : incubation de 10 000 étudiants dans la chaîne de valeur de la banane plantain, création de 10 000 entreprises sécurisées par des contrats d’achat à marché garanti. Pour cette seule promotion de 500 étudiants, le chiffre d’affaires minimum projeté est de 855 millions de FCFA, attendu dans les onze mois suivant la plantation. L’industrialisation passe également par l’installation de petites unités de transformation au sein des campus, afin de produire des chips, de la farine et autres produits à forte valeur ajoutée.

La répartition des bénéfices suit une clé transparente : 40 % pour les jeunes étudiants, 30 % pour les IPES – afin de diversifier leurs ressources au-delà des seuls frais de scolarité – et 30 % pour la filière banane plantain du Cameroun via son incubateur.
Sur le plan technique, la cérémonie a donné lieu à la mise à disposition de 250 000 vitroplants à haut rendement, soit 500 plants par étudiant. Les cultures seront menées sur des champs communautaires gérés par les quatre IPES participants. La production issue de ces plantations est destinée à l’exportation vers le Gabon. Après la remise protocolaire des kits et des machines de réduction de la pénibilité, la première vague de la 5e cohorte a pris la route de Kribi pour une semaine d’immersion dans le plus grand centre d’incubation d’Afrique centrale, afin de maîtriser l’itinéraire technique industriel.
Comme l’a souligné un responsable de la filière : « L’agriculture par la filière banane plantain n’est plus un métier par défaut ; c’est la solution concrète pour absorber le chômage de masse et bâtir la grandeur du Cameroun. »
