Ce 12 Août 2026 à Yaoundé, le gouvernement du Japon, le ministère camerounais de l’Économie, de la Planification et de l’Aménagement du Territoire, et le Programme Alimentaire Mondial (PAM) ont officialisé une contribution nippone de 200 millions de yens (environ 1,25 million USD / 708 millions FCFA) destinée à fournir une assistance alimentaire intégrée à plus de 13 400 réfugiés et personnes déplacées internes dans les régions de l’Adamaoua et de l’Extrême-Nord. Malgré ce soutien, le PAM rappelle que ses besoins opérationnels pour les six prochains mois s’élèvent à 43,2 millions USD supplémentaires, soit un taux de sous-financement de 93%, exposant à un risque accru de malnutrition les enfants et les femmes enceintes ou allaitantes si de nouvelles contributions ne sont pas rapidement mobilisées. Cette cérémonie, qui s’est déroulée dans les locaux du PAM à Yaoundé, a scellé l’engagement renouvelé du Japon aux côtés du Cameroun pour répondre aux besoins alimentaires urgents des populations vulnérables, en particulier les réfugiés et les personnes déplacées internes.
La contribution japonaise intervient dans un contexte sécuritaire et climatique particulièrement dégradé. Comme l’a souligné Son Excellence Monsieur MINAMI Kentaro, Ambassadeur du Japon au Cameroun, les conflits dans le bassin du lac Tchad, les affrontements armés dans les régions du Nord-Ouest et du Sud-Ouest, ainsi que l’afflux continu de réfugiés en provenance des pays voisins, pèsent lourdement sur les moyens de subsistance des populations et fragilisent davantage le système alimentaire national. Face à cette urgence, le Japon a réaffirmé son principe de « sécurité humaine » en octroyant cette aide non remboursable. Celle-ci s’inscrit dans la continuité des engagements pris lors de la neuvième Conférence internationale de Tokyo sur le développement de l’Afrique (TICAD 9) et vise à contribuer directement à la réalisation de l’Objectif de développement durable n°2, « Faim zéro ». Concrètement, ce financement permettra de fournir une assistance alimentaire intégrée à plus de 13 400 personnes vulnérables, dont plus de la moitié sont des femmes, dans les régions de l’Adamaoua (pour les réfugiés) et de l’Extrême-Nord (pour les déplacés internes).

La cérémonie a également été marquée par les remerciements appuyés du gouvernement camerounais, exprimés par le représentant du Ministre de l’Économie, de la Planification et de l’Aménagement du Territoire (MINEPAT). Ce dernier a salué la constance et la qualité des relations bilatérales entre les deux pays, illustrées par des appuis notables dans des secteurs clés comme l’agriculture et les infrastructures. Il a notamment cité le Projet de développement du riz irrigué et pluvial (PRODERIP-RCV) comme un exemple concret de la coopération fructueuse contribuant à la politique d’import-substitution du Cameroun. Au-delà du soulagement immédiat pour les bénéficiaires, le représentant du MINEPAT a encouragé une orientation des achats de denrées sur le marché local, afin de renforcer l’économie nationale et de créer de la richesse. Il a également plaidé pour une transition progressive vers des solutions durables, en mettant l’accent sur les activités génératrices de revenus dans les secteurs agropastoral et halieutique, une vision partagée par l’ensemble des partenaires pour sortir de la simple logique d’assistance.

Si cette donation est vivement saluée, elle ne comble qu’une infime partie des besoins colossaux. Le représentant et directeur pays du PAM au Cameroun, M. Gianluca Ferrera, a tenu à exprimer sa profonde gratitude au peuple japonais pour ce geste de solidarité, tout en lançant un appel solennel à la communauté internationale. Il a rappelé que sur les six prochains mois (d’août 2026 à janvier 2027), le PAM nécessite un montant supplémentaire de 43,2 millions de dollars US pour maintenir ses opérations d’assistance alimentaire et nutritionnelle à travers le pays. Ce chiffre représente un déficit de financement de 93 % par rapport aux besoins opérationnels.

Sans un afflux rapide de nouvelles ressources, le PAM pourrait être contraint de réduire davantage le nombre de personnes assistées, exposant les plus vulnérables, notamment les enfants et les femmes enceintes ou allaitantes, à un risque accru de faim et de malnutrition. M. Ferrera a conclu en réaffirmant l’engagement du PAM à travailler aux côtés du gouvernement camerounais, des agences onusiennes et des organisations de la société civile, non seulement pour répondre à l’urgence, mais aussi pour renforcer la résilience et bâtir des solutions durables pour l’avenir.
