Sous l’impulsion du Ministre de l’Eau et de l’Énergie, Gaston Eloundou Essomba, le Cameroun a officiellement lancé, ce 28 avril 2026 à Yaoundé, l’élaboration de son plan de mise en œuvre de la Convention sur l’Eau de l’ONU. Un virage stratégique qui allie souveraineté nationale et leadership régional au sein de la CEEAC.
Quatre ans après son adhésion en 2022 à la Convention de Genève sur la protection et l’utilisation des cours d’eau transfrontaliers, le Cameroun passe à la phase active. L’atelier ouvert au Hilton Hôtel marque le début d’une transition normative majeure : l’alignement de la politique nationale de l’eau et de la législation en cours de révision sur les standards mondiaux de la Gestion Intégrée des Ressources en Eau (GIRE).
Pour le gouvernement camerounais, il ne s’agit pas d’une simple formalité administrative, mais d’un levier de développement. Comme l’a souligné le Ministre Eloundou Essomba, ce processus repose sur une approche de « paix hydrique », visant à transformer les ressources partagées en vecteurs de stabilité plutôt qu’en sources de tensions.
Un catalyseur de financements et de crédibilité
Au-delà de l’aspect juridique, l’enjeu est résolument financier et technique. En se dotant d’un plan de mise en œuvre robuste, le Cameroun renforce sa crédibilité internationale. Selon Madi Vondou, Directeur de la Gestion des Ressources en Eau au MINEE, ce cadre est essentiel pour :
Mobiliser des financements internationaux auprès des bailleurs de fonds sensibles aux enjeux climatiques.
Bénéficier d’une assistance technique de haut niveau via le Secrétariat de la Convention.
Renforcer les capacités des experts nationaux et des cadres de la sous-région.
Le Cameroun, pivot de la solidarité hydrologique en zone CEEAC
Avec ses cinq grands bassins hydrographiques (Lac Tchad, Niger, Congo, Sanaga et Fleuves côtiers), le Cameroun occupe une position de « château d’eau » qui lui impose une responsabilité naturelle envers ses voisins.
L’atelier régional, couplé à cet événement national, témoigne de la volonté de la CEEAC de coordonner les efforts. La gestion du bassin du Congo (poumon écologique mondial) ou du Lac Tchad (sanctuaire de résilience) nécessite une diplomatie de l’eau active, portée par des organismes de bassin tels que la CBLT, la CICOS ou l’ABN.
« Dans un contexte de changement climatique, la gestion partagée de l’eau constitue un bouclier pour la paix », a rappelé le Ministre, soulignant que la solidarité régionale est désormais une nécessité sécuritaire et économique.
Les prochaines étapes
Les travaux de Yaoundé, qui s’étendent sur trois jours, devront jeter les bases d’une feuille de route claire. L’accompagnement du Secrétariat de la Convention sur l’Eau et la collaboration avec les États membres de la CEEAC seront les garants du succès de ce plan, qui place désormais le Cameroun aux avant-postes de la gouvernance environnementale en Afrique.
